L'origine de la Noblesse est à rechercher dans des temps fort éloignés. Dans les chartes anciennes, on trouve la mention de "nobiles" qui apparaissent à côté de "milites" et de "ministeriales". Il est cependant fort difficile de préciser si ces "nobiles" descendaient de familles gallo-romaines ou germaniques, ou d'anciennes familles royales. Un très important brassage social et économique a, en effet, succédé aux invasions germaniques dans l'Empire Romain.Au haut Moyen-Age, et surtout lors des Croisades, le rôle militaire de la noblesse devient prédominant. Le seigneur féodal devait prêter serment à son roi ou à son suzerain, et le servir avec son épée chaque fois que la demande lui en est faite.
Par la suite, les Etats s'agrandissent et le rôle de l'administration s'accroît. Les souverains prennent progressivement l'habitude de récompenser leurs proches collaborateurs en les anoblissant. Les ducs de Bourgogne ont ainsi anobli une quarantaine de familles de notre pays. Cette tendance va se prolonger jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. L'anoblissement s'obtient à titre de récompense pour des faits de gloire sur les champs de batailles, mais également pour des services rendus au souverain, ou pour l'exercices de hautes fonctions judiciaires ou administratives.
L'article 113 (ancien article 75) de la Constitution belge stipule que le Roi peut accorder des faveurs nobiliaires sans toutefois pouvoir y attacher un quelconque privilège.La Noblesse est reconnue par la loi et le droit nobiliaire belge stipule quels titres nobiliaires peuvent être portés et dans quelles conditions la Noblesse et les titres peuvent être transmis d'une génération à une autre.
De nos jours, il y a en Belgique environ 1300 familles nobles, dont environ 400 étaient déjà nobles sous l'Ancien Régime.
Le Roi fait usage de son droit d'accorder des faveurs nobiliaires. Pour l'octroi de ces faveurs, Il se fait assister par une Commission d'Avis qui Lui soumet les noms de personnes qui pourraient en bénéficier, en raison de leur conduite et de leur rayonnement.
Le Roi peut également de sa propre initiative (motu proprio) honorer des personnes qui ne figurent pas sur la liste qui lui est soumise.
Durant Son règne (1950-1993) le Roi Baudouin a accordé des faveurs nobiliaires (anoblissements et autres faveurs) à 489 personnes.
Pour être reconnue officiellement, une faveur nobiliaire doit être confirmée par une Lettre Patente à laquelle s'ajoute le paiement des droits d'enregistrement. C'est le Service de la Noblesse au Ministère des Affaires Etrangères qui est compétent pour ces matières.
La Noblesse implique surtout des obligations.
Les nobles doivent défendre - si nécessaire publiquement - et maintenir à l'honneur les valeurs morales auxquelles la Noblesse est traditionnellement attachée. Les premières valeurs sont les valeurs religieuses, la défense de la famille, l'attachement au Roi et à la Patrie, et le soucis du bien public. A ces valeurs s'ajoutent les valeurs éthiques auxquelles les nobles sont attachées depuis des siècles: honnêteté, fidélité et respect de la parole donnée, sens du devoir, aide au prochain et en premier lieu aux membres de la famille, respect de l'héritage moral et matériel transmis par les parents et les ancêtres.Pour honorer les faveurs nobiliaires qu'ils ont reçues ou que leurs ancêtres ont reçues avant eux, et pour en rester dignes, les nobles doivent tendre vers une certaine excellence. Celle-ci peut se manifester dès le plus jeune âge, à l'école ou dans les mouvements de jeunesse, pour s'épanouir par la suite dans les activités professionnelles, politiques ou sociales. Cette recherche de l'excellence doit bien sûr s'accompagner de la nécessaire modestie.
La courtoisie et la modestie dans le comportement et dans les paroles font d'ailleurs partie des attitudes fondamentales que tout noble doit adopter.