Arnaud de Meester de Heyndonck nous raconte ...

Pouvez-vous décrire votre parcours en quelques mots ?

Pendant des années, j’ai eu une vie assez classique, rythmée, métro, boulot, dodo. J’avais souvent envie d’entreprendre plein de choses, mais j’évoluais dans un entourage où je n’étais pas forcement soutenu. Je me sentais attiré par autre chose mais sans vraiment savoir quoi ….

Quel a été l’élément déclencheur de votre parcours sportif ?

Le premier challenge commence le jour où un ami me demande si j’ai envie de faire une course à vélo de 140 km. J’ai 39 ans, j’accepte avec plaisir ce défi, sans réfléchir. D’abord, je n’ai pas de vélo mais surtout je ne suis pas entraîné. Inexpérimenté, je démarre comme une flèche, persuadé que ce sera un jeu d’enfant mais j’arrive de loin le dernier, épuisé. Mais j’ai aimé le challenge et je n’ai plus qu’une seule idée en tête. Recommencer et gagner la course !

En Europe on a tendance à juger les gens surtout quand ils subissent des échecs. Mais il faut voir cela comme des opportunités de rebondir ! Il faut chercher les raisons d’un échec, trouver les bonnes réponses ? C’est avec cette volonté-là qu’on réussit et que tout devient plus facile.

Beaucoup de personnes n’osent pas sortir de leur zone de confort, aller jusqu’aux limites de leur corps et de leur esprit. Pourtant c’est ce changement-là qui a fait basculer ma vie à 39 ans et que j’ai commencé à me lancer des défis : triathlons, Ironman, Enduroman et courses très longues distances…

Quelle est l’épreuve dont vous êtes le plus fier ?

L’Enduroman 2019, un triathlon de l’extrême qui relie Londres à Paris. Le triple effort est poussé à son comble. Tout commence avec 140 km de course à pied entre « Marble Arch » et le port de Douvres. Ensuite il y a la traversée de la Manche à la nage, environ 52 km ; difficile en fonction des courants qui peuvent être très forts. Suivent 290 km à vélo entre Calais et l’Arc de Triomphe à Paris. Ce triathlon est également appelé « Arch to Arch ».

L’Enduroman va s’avérer plus compliqué que prévu …

« J’ai sauté dans l’eau et je me suis dit « de Meester, tu es complètement fou, mais vas-y ». J’étais entouré d’énormes méduses, je devais m’adapter car je ne pouvais pas sortir de l’eau … Le cerveau s’adapte en fonction du lieu où l’on se trouve. En cela, l’humain est une machine extraordinaire. Il a une énorme capacité d’adaptation.

Alimenté par une bouteille jetée à la mer, je me rends compte que je suis tombé dans des courants qui m’empêchent d’avancer, dans ce qu’on appelle le « cimetière des nageurs » une zone dangereuse qui m’obligera à nager 9h de plus. Epuisé, je dois arrêter l’épreuve, sentant que je mets ma vie en danger. Mais même si je n’ai pas fini la course comme espéré, cela m’a quand-même permit de récolter suffisamment de dons via CAP48 pour aider mon ami Ilias Benkaddour. C’est un boxeur reconverti dans l’athlétisme après avoir perdu une jambe à la suite d’un accident.

Quelles leçons en avez-vous tiré ?

J’analyse mes forces et mes faiblesses et je m’entraîne vraiment intensément pendant 1 an afin de réitérer ce challenge en septembre 2020. Malheureusement, à cause de la crise du Covid l’Enduroman 2020 est annulé. Qu’à cela ne tienne, comme plus rien n’est organisé, je rassemble mon équipe et crée un ultra-triathlon "made in Belgium by a Belgian". 144 km de course à pied, 33 km à la nage et 290 km à vélo. Je boucle le parcours en pas moins de 61h30 d’efforts. Un formidable défi : 30 % de physique et 70 % de mental.

Comment construisez-vous ce mental d’acier ?

Je ne pourrais relever ces challenges sans le soutien de mes proches et d’une équipe de professionnels : Marc Delpierre, mon coach mental (entraîneur de Justine Hennin), mon kiné, mon médecin et les responsables de la logistique. Une équipe fantastique et soudée. Mon état d’esprit se résume en 3 mots « Never give up ». Cette philosophie me guide tout au long de ma vie sportive et professionnelle.

Justement, comment conciliez-vous vie professionnelle et vie sportive ? Quel est votre secret pour tout entreprendre ?

Comme je travaille dans l’événementiel, l’activité est à l’arrêt. Cependant, j’ai décidé de réactiver toute mon équipe et nous travaillons sur la mise en place du Scandibérique, un parcours qui m’amènerait de Norvège en Espagne long de 5.150 km à vélo et nous cherchons des sponsors. Je fais aussi pas mal de conférences autour de cet event.

Je travaille aussi sur « Tenacity » mon ultra triathlon de Villers-la-Ville à Knokke-le-Zoute. Je propose aux gens de me challenger en réalisant un meilleur chrono, en solo ou en équipe sur le principe d’une course relais ou les participants changeraient toutes les heures.

Avez-vous de la place dans votre planning pour un peu de repos, de lâcher-prise ?

Oui, bien sûr. Je suis un être humain et entre les moments d’entraînement, je m’accorde des temps de pause, je rentre dans ma bulle, je passe du temps avec mes enfants …Le corps est une machine magnifique dont il faut prendre soin, donc après l’effort, quand j’ai souffert, je l’écoute et je me repose.

Avez-vous été inspiré par certaines personnes ?

Oui, Mike Horn, connu comme étant un des plus grands aventuriers-explorateurs modernes. Il a notamment traversé l’Antarctique et est connu pour son endurance, sa détermination et son courage. Pour moi aussi le mental fait la différence. Tout est possible. Il ne faut pas abandonner mais travailler avec persévérance, et par la volonté on peut arriver à se dépasser.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?

La réussite du Scandibérique. Au-delà de la performance sportive, cette course a également deux objectifs. Un : vérifier la résistance et les limites du corps humain du côté cardio pour un homme de 50 ans, ce qui sera suivi par des universités. Deux : analyser la qualité de l’air tout au long du parcours, une démarche qui sera soutenue par l’Europe dans la cadre d’un projet scientifique sur le climat.

Grâce à l’équipe extraordinaire qui m’entoure, je peux prendre des risques calculés car il s’agit de beaucoup d’efforts et peu de repos. Faire le Scandibérique, c’est un peu comme un alpiniste qui ouvre une voie….

Quel message désirez-vous faire passer à nos membres et surtout auprès des jeunes ?

Croyez en vos rêves, au plus ils sont fous, au plus ils sont atteignables. Quand on entreprend quelque chose, il ne faut pas lâcher mais mettre en place toutes les choses pour y arriver. Et avec de l’entraînement et de la persévérance on peut réaliser ses objectifs. Il ne faut pas se laisser décourager par les gens autour de soi, mais y croire ! Je pourrais résumer cela en une phrase d’Oscar Wilde : « Soyez vous-mêmes, les autres sont déjà pris  ».

Pour en savoir plus sur Arnaud de Meester de Heyndonck, voici quelques vidéos :

https://youtu.be/JEBnZmba-9o

https://youtu.be/lB51zu8F1_k

https://www.tenacity-event.com

PNG - 250.2 ko Arnaud de Meester


Interview réalisée par Patricia le Grelle

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