Bernard Kervyn de Meerendré est un remarquable entrepreneur social, inlassablement au service des autres !
Voilà résumée en quelques mots la personnalité du fondateur de Mekong Plus, une ONG active depuis 26 ans dans les domaines de l’éducation, l’emploi, l’agriculture, les infrastructures et la prévention à l’hygiène et à la santé. Son objectif vise à éliminer la grande pauvreté dans les villages du sud du Vietnam et du Cambodge.

Avant d’arriver au Vietnam il y a 26 ans, quel fût votre parcours ? Commençons si vous le voulez bien par votre enfance.

Originaire de Bruges, je suis l’aîné d’une famille de 10 enfants. Tout jeune, j’étais passionné par les bateaux à voiles, je rêvais de passer ma vie sur l’eau. J’étais tenaillé par l’envie de partir et de larguer les amarres, de prendre le grand large !
Et puis un jour, au cours de mon adolescence, j’ai lu « Voyage en Inde », un ouvrage de René Dumont, agronome français, spécialiste des problèmes du monde agricole dans les pays en développement, militant pour l’écologie avant l’heure. La lecture de cet ouvrage dans lequel il raconte et décrit la grande pauvreté, les difficiles et pénibles conditions de vie en Inde m’a bouleversé. Ce fut pour moi un déclic, comme une révélation. Un moment-charnière. J’ai su à ce moment-là quel sens je voulais donner à ma vie : Me rendre utile aux autres, améliorer le sort des plus pauvres, apporter ma contribution aussi modeste soit-elle pour rendre le monde un peu meilleur.

Vos parents ont-ils bien accueilli votre résolution ?

Oui, absolument. J’ai la chance d’avoir des parents très généreux. Leur générosité s’est manifestée envers nous, mais aussi envers les autres. Mes parents nous ont donné une éducation soutenue par des valeurs essentielles telles que l’altruisme, l’entraide, l’aide aux moins favorisés, l’assistance aux plus démunis.
Généreux mais réalistes aussi : si mes parents ont bien accueilli mon projet, ils m’ont offert cinq années d’études que j’ai suivies avec passion à l’UCL et qui m’ont permis de décrocher un MBA orientation Marketing.
J’avais entendu le message de mes parents : Partir pour améliorer le sort de l’humanité, c’est un magnifique projet de vie ! Mais pas sans un solide bagage !

Arrivé à la fin de vos études, vous rejoignez l’ONG Frères des Hommes pour travailler dans l’aide au développement.

Je pensais partir en Amérique du Sud, mais un poste se libère au Bangladesh. C’est là que j’ai fait une rencontre importante qui a inspiré mon combat contre la pauvreté :
Mohammed Yunus, « le banquier des pauvres », célèbre pour avoir fondé le micro-crédit qui vise à prêter de toutes petites sommes à des personnes pauvres qui ne peuvent bénéficier du circuit traditionnel.
Et aussi le passionnant Docteur Zafrullah Chowdhury, chirurgien respecté en Grande-Bretagne, retourné dans les villages du Bangladesh.

Après 9 ans passés au Bangladesh, je retourne en Europe comme responsable pour la levée de fonds toujours chez Frères des Hommes.

Après cette première expérience dans l’humanitaire, vous devenez responsable produit marketing chez GE (General Electric) !
Surprenant … à première vue ! Expliquez-nous ce virage complet.

Quand je reviens en Europe, je suis déterminé à travailler dans l’humanitaire.
Mon expérience au Bangladesh m’a cependant appris que pour être efficace dans le secteur social, il faut savoir établir des passerelles, nouer des collaborations avec les entreprises commerciales.
Mon expérience chez GE en tant que responsable produit Marketing dans l’Imagerie Médicale pendant 4 ans, m’a appris à travailler avec plus d’efficacité, de précision et de rapidité. Durant cette période, j’ai développé un réseau de relations. En fin de compte, cette expérience et ce réseau m’ont beaucoup apporté pour créer et développer Mekong Plus.

C’est le conseil que j’adresse à vos membres qui veulent s’investir dans le social, dans l’humanitaire : Une expérience dans le secteur de l’entreprise vous permettra d’acquérir une bonne maîtrise des outils de gestion indispensables au pilotage efficient de programmes de développement. Vous serez en mesure de vous créer un réseau, de parler le même langage que vos interlocuteurs en entreprise, tout bénéfice pour mettre en place des programmes de coopération et de soutien.
Soyez bien conscient que les ONG et les entreprises ont un intérêt mutuel à collaborer. N’oubliez pas que les responsables d’entreprises commerciales sont également désireux de donner du sens à leur travail, pas seulement de contribuer à la valeur de l’entreprise.

Après GE, c’est l’arrivée au Vietnam ?

J’arrive dans ce pays merveilleux en 1993. Et dès 1994, je crée Vietnam Plus avec l’aide de ma sœur Claire, de quelques amis en Belgique et au Bangladesh ainsi que le soutien d’Unicef Vietnam qui nous a apporté ses maigres ressources. Autant vous dire que c’était un véritable défi, qu’il s’agissait de créer quelque chose avec trois fois rien dans un pays que je découvrais à peine. Mais nous étions tous très excités par ce projet, en particulier mes parents qui suivaient mon engagement avec enthousiasme.
Nos activités se sont rapidement développées au Vietnam, puis se sont étendues au Cambodge en 2007. Vu l’extension géographique de nos activités, nous avons alors rebaptisé notre association Mekong Plus.

Et maintenant, quel est votre état d’esprit, votre sentiment quand vous regardez ce que Mekong Plus est devenu depuis que vous avez posé le pied pour la première fois au Vietnam ?

Quel chemin parcouru depuis la création de notre startup il y a 26 ans ! Nous sommes actifs dans les domaines de l’éducation, l’emploi, l’agriculture, les infrastructures et la prévention à l’hygiène et à la santé. 200 personnes travaillent au sein de notre réseau.

Au total, nos programmes touchent plus de 200.000 personnes chaque année au Vietnam et au Cambodge.

Nous sommes bien considérés au Vietnam. J’ai d’ailleurs eu la satisfaction de voir arriver récemment de nombreux bénévoles importants et influents pour contribuer à une récolte de fonds. Et en Europe, notre travail a été récompensé par une visibilité médiatique, notamment à la RTBF dans le cadre de l’émission « Les Belges du bout du monde ».

A titre personnel, je considère le chemin parcouru, le soutien de nos amis et de nos partenaires comme autant d’encouragements à poursuivre notre action.
Je m’y emploie avec toujours autant d’énergie et d’enthousiasme.

Plus d’infos : www.mekongplus.org


Propos recueillis par Henry d’Anethan avec la collaboration de Dominique Moorkens.

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