Défendre une personne devant un tribunal et défendre une noble cause sur des planches n’est pas incompatible. Christophe Cornet d’Elzius du Chenoy a appris à concilier un rôle au théâtre avec son rôle d’auxiliaire de justice. Nous l’avons interviewé pour vous.

Quelles furent les scènes mémorables de la construction de ton profil atypique ?

Enfant on me disait « tu seras comédien ou avocat ». J’ai toujours été fasciné par le théâtre et cet intérêt se confirma lorsque j’ai participé à la pièce de fin de rhéto. Mes secondaires bouclées, je pris une année sabbatique durant laquelle j’ai travaillé six mois. Le soir, je répétais pour un rôle décroché au sein d’une compagnie d’amateurs qui m’avait été présentée par le curé de Perwez. Je pensais alors suivre une formation en art dramatique.

Mes parents, qui me soutenaient quel que soit mon choix d’études, m’ont rappelé que le théâtre est un secteur enrichissant qui n’enrichit que rarement. Étant littéraire et appréciant le confort, je me suis finalement lancé dans des études de droit. J’étais tenté de rejoindre la troupe des « Kouglofs » de l’Ordre de Malte mais je n’avais pas le temps de participer à leurs camps d’été spécialisés.

En 2014, fraichement inscrit au barreau de Bruxelles, j’ai fondé « Les Capricieux du Théâtre », troupe dont les bénéfices étaient reversés à diverses associations. Deux ans plus tard, en participant à « La Revue du Jeune Barreau », j’ai rencontré Mathieu Pinte, régisseur, et François Dumortier, metteur en scène, mes actuels associés.

Lorsque le Covid mit tout en suspens, nous préparions un projet « d’écriture de plateau » qui consiste à construire un spectacle avec les dialogues improvisés par les comédiens durant les répétitions. Heureusement, ce confinement donna lieu à de nouvelles initiatives. Il y a 8 mois, au téléphone avec un de mes associés, je réitérai une boutade que je lançais après chaque spectacle : « on s’en fout, on lance notre boite de prod’ ». À la place de son rire habituel, j’entendis : « oui d’accord, chaud ! ». « Sganarelle Productions » naissait et, en août, nous produisions la revue d’actualités belge et internationale « Demain c’était mieux » qui tend d’ailleurs à se réactualiser chaque année !

En octobre, coup de théâtre, j’allais accepter un poste au sein d’un cabinet répondant mieux à mes attentes lorsqu’un de mes anciens collègues me proposa d’en fonder un... Mon sang ne fit qu’un tour !

Avant que le conseil d’Etat suspende une partie des mesures du Codeco, y croyiez-vous ?

Limiter les salles à 200 spectateurs a flingué notre motivation, seulement, notre projet visant précisément à soutenir la culture, nous ne pouvions pas quitter le navire sous prétexte qu’il tanguait et étions donc forcés d’y croire.

Le 22 décembre, les salles ferment… Le lendemain, maître Audrey Lackner, séduite par notre cause, nous proposa son aide gracieuse. À priori peu emballés par les démarches de contestations des mesures gouvernementales, nous considérions cette fois que les tractations politiques étaient à l’origine de ces décisions. Cette comédie devait cesser !

La requête fut écrite la nuit de Noël… et, merci petit Jésus, le 28 décembre, trois heures avant la première de « Demain c’était mieux » : « lever de rideau ! ». Quel dénouement ! De plus, ce passage sous les feux des projecteurs a attiré davantage de spectateurs.

Dans le cas contraire, nous aurions dû faire une captation du spectacle en vue de le présenter à d’autres en espérant pouvoir le jouer l’année suivante. En ce qui concerne « Sganarelle Production », nous jetions six mois de travail à la poubelle.

Au fond, comment s’organise le planning d’un avocat-comédien ?

Il faut réduire ses heures de sommeil… Entre 9h et 19h30, je porte ma casquette d’avocat et entre certains dossiers j’enfile ma casquette de producteur. De 20h à 23h00, j’assiste aux répétitions puis, de retour chez moi, je travaille sur mes conclusions.

C’est un rythme soutenu mais j’avais le temps de m’y consacrer. À présent, il va me falloir lever le pied car, cerise sur le gâteau, mon épouse, Aglaé, et moi nous attelons à la rédaction d’un premier acte… de naissance !

Profil LinkedIn de Christophe Cornet d’Elzius


Nous remercions chaleureusement le comte Pierre-Alexandre de Lannoy pour la réalisation de cet interview et la rédaction de cet article.

Article(s) lié(s)

Entretien avec Vic Swerts, Président de Soudal

Un entrepreneur belge, humaniste et libéral qui rêve, pense, ose, fait et persévère ... et est animé par une culture du...

Maximilien Drion : un belge parmi
le top 10 mondial du ski-alpinisme

A 24 ans, Maximilien Drion du Chapois parcourt les montagnes partout dans le monde, par ses propres moyens, en...

Tanguy du Monceau de Bergendal
présente le nouveau programme de
la Pulse Foundation

Le 21 février 2022, le FORUM AUX ENTREPRENEURS organise une soirée (webinar) consacrée à Pulse Foundation et à son...

Livres récemment publiés par
nos membres

"Platon vs Aristote" par Luc de Brabandere. "Via Francigena" par Dominique de la Barre d’Erquelinnes. "Le...

Petites annonces

Descriptif section

Espaces à louer

Salons à louer pour vos événements

Activités 

Agenda des activités organisées par L’ANRB