Le 30 novembre, le Chevalier Dirk Brossé dirigera le concert de gala à BOZAR à l’occasion de la fête du Roi. Actuellement directeur musical de l’Orchestre de chambre de Philadelphie et du Festival du film de Gand, il retrace avec nous son parcours exceptionnel !

Le 30 novembre, vous dirigerez le concert de gala à BOZAR à l’occasion de la fête du Roi. L’empathie avec la culture, l’atmosphère et la technique d’un orchestre est toujours une tâche stimulante pour un chef d’orchestre. Ce n’est pas différent maintenant avec la Chapelle Royale de Musique des Guides, je suppose.

A 8 ans, je jouais déjà de la trompette dans l’orchestre d’harmonie locale.
Je connais donc assez bien ce métier. Diriger un orchestre d’harmonie, c’est un peu « rentrer à la maison » pour moi.

En tant que chef d’orchestre invité , c’est toujours un peu « tâtonner ». Il s’agit de se faire confiance, de se comprendre et de s’apprécier. Ces trois verbes sont extrêmement importants pour une bonne coopération professionnelle, humaine et artistique.

Nos orchestres d’harmonie sont parmi les meilleures au monde et le joyau de la couronne est sans aucun doute la Chapelle Royale de Musique des Guides.
L’actuel chef d’orchestre Yves Segers et ses prédécesseurs ont placé cet orchestre sur la plus haute marche du podium. Diriger cet orchestre, c’est comme faire un tour avec une voiture de Formule 1 sur le circuit de Francorchamps. J’attends déjà avec impatience une balade musicale fascinante sur la scène de BOZAR.

Ce concert est également l’aboutissement de vos 40 ans de carrière.
Quel regard portez-vous là-dessus ?

Ces 40 ans sont passés à une vitesse époustouflante.
La réalité a depuis longtemps dépassé mes rêves les plus fous.
Enfant, je rêvais - dans le sillage de mon tout premier professeur à l’école de musique - de jouer de la trompette dans la chapelle musicale de la marine belge. À l’âge de 18 ans, j’ai dirigé mon premier concert avec d’autres étudiants au conservatoire. Comme quoi une chose en amène une autre.

Et soudain, je me retrouve sur les plus grandes scènes du monde et je dirige les plus grands orchestres.
Pour moi, chaque concert est tout aussi important. Que je dirige au Carnegie Hall, ou le London Symphony au Royal Albert Hall, ou un concert apéritif dans un centre culturel local, peu importe. Ma motivation est toujours d’initier une communication entre le compositeur et le public à partir d’un amour sans fin pour la musique. J’essaie toujours de créer une atmosphère pour que l’auditeur puisse devenir une personne meilleure, différente, plus fascinante, plus belle, plus sincère, plus critique, plus intéressante et plus curieuse grâce à la puissance et à la beauté de la musique.

Y a-t-il un souvenir spécial, un moment magique que vous chérissez en permanence ? Y a-t-il un public pour lequel vous aimez vraiment jouer ? Cela a-t-il aussi quelque chose à voir avec les différences de culture et de nationalité ?

À l’âge de 21 ans, je suis devenu chef du Brussels International Youth Orchestra.
Sept ans plus tard, en tant que chef de l’Orchestre National de Jeunesse de Belgique, j’ai été autorisé à mener une tournée à travers le Japon avec comme « coup d’envoi », un concert au Koninklijk Concertgebouw d’Amsterdam. Quand je suis arrivé sur scène, j’ai été submergé par un sentiment d’euphorie.
Se trouver à l’endroit où Mahler dirigeait autrefois, est impressionnant pour un gars d’une bonne vingtaine d’années…

Certains publics sont en effet plus enthousiastes que d’autres.
Tout dépend de la nature du concert, du programme, du soliste, du chef d’orchestre et du genre musical. Lors des concerts classiques, les Américains montrent sans vergogne leur enthousiasme et peuvent vraiment devenir fous. Les Belges sont réservés et se retiennent un peu. Dans les pays asiatiques, il faut se contenter d’applaudissements polis et équilibrés. Mais leur appréciation n’en est pas moindre.

Sans aucun doute avez-vous encore des projets pour l’avenir ? Quels sont vos objectifs ?

Les plans concrets abondent, trop nombreux pour les énumérer.
L’agenda du chef d’orchestre est déjà en cours jusqu’à la fin de 2024.
Le compositeur rêve d’écrire un opéra. Les premières discussions à ce sujet seront entamées prochainement. Nous travaillons actuellement sur un opus magnum dans lequel toutes les passions du compositeur se rejoignent. La prédilection pour le monde symphonique, la passion pour le monde sonore ethnique et le monde fascinant des sons inépuisables générés électroniquement. Je vous en dirai plus par après ....

Quelle musique préférez-vous diriger ?

Toute la bonne musique.
Je n’ai pas de préférence spécifique, mais parmi les classiques, j’ai un faible pour Mozart, Beethoven, Mahler, Bernstein, Puccini. La musique est une forme d’art vivant et évolue chaque jour. C’est pourquoi je dirige souvent des créations de compositeurs contemporains. Je m’intéresse particulièrement à la musique audiovisuelle et aux projets croisés.

Vous êtes aussi un compositeur très prolifique. Comment décririez-vous votre travail ? La « musique classique » contemporaine a-t-elle conquis sa lettre de noblesse ou s’agit-il encore d’une bataille acharnée ?

Je me décris comme un compositeur contemporain, mais pas comme un compositeur de « musique contemporaine ». Je peux le résumer comme suit :

"Je vis dans un monde sonore où les anciennes et les nouvelles notes se rencontrent
à la croisée des chemins le long desquels différents genres et styles se précipitent,
certains se montrent pour la première fois, d’autres sont présents depuis des siècles.
Opposé aux conventions et aux habitudes bien ancrées je veux vous emmener dans un monde sonore où les limites ne sont tracées que dans le sable juste avant le moment où la prochaine vague les emporte à nouveau.
Uniquement par amour pour la musique avec un grand A et un grand M"

Aimeriez-vous envoyer un message sur le rôle de la culture et sur la valeur fondatrice de la musique en ces temps turbulents mais aussi fascinants ?

Je vais répondre brièvement avec une citation d’Aldous Huxley : « Après le silence, la musique est la mieux adaptée pour dire l’indicible ». J’espère que le silence perdurera afin que la musique puisse résonner encore souvent.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site suivant :
Dirk Brossé


Interview réalisée par Johan Swinnen

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