Un entrepreneur belge, humaniste et libéral qui rêve, pense, ose, fait et persévère ... et est animé par une culture du respect de l’environnement.

D’abord une question précise. Pensez-vous aussi que nous devrions moins nous plaindre et aussi être capables de croire aux histoires positives ?

Absolument ! L’humanité a toujours eu des raisons de se plaindre tout au long de son histoire, maintenant il s’agit du virus corona et dans cinq ans, ce sera à nouveau autre chose. Mais se plaindre ne sert à rien. Apprenez à y faire face et continuez à écrire votre propre histoire positive. Depuis que j’ai été anobli en 2013, ma devise est « Per laborem ad salutem » (« Par le travail vers la prospérité »). De plus, mon adage personnel a toujours été « Rêver, Penser, Oser, Faire et Persévérer ». Le dernier mot est le plus important. Bien sûr, nous avons connu avec Soudal notre part de contretemps depuis 55 ans et nous avons donc des raisons de nous plaindre, mais cela ne sert à rien. Ce qui sert, c’est la persévérance. Cela, en plus du leadership, de l’entrepreneuriat et de ce que nous aimons appeler notre bon sens Campinois, est la base de la réussite de Soudal. Une histoire positive !

Après tout, les temps incertains que nous vivons apportent également des défis positifs. Voyez-vous un rôle particulier réservé à l’entrepreneur à cette époque ?

Le prix du corona sera énorme, qui paiera cette facture ? Ce seront les entreprises, les entrepreneurs, qui devront pousser la brouette de la reprise.

Dans ce débat, nous entendons à nouveau dire que la croissance économique n’est pas toujours le baromètre idéal du bien-être et du bonheur social. Comment voyez-vous cela ?

Bien sûr, la croissance économique reste un baromètre important ! Mais même au sein de notre idéologie capitaliste occidentale, la croissance économique n’est plus le seul baromètre. Le consommateur final et nos clients de la distribution, de la construction et de l’industrie s’attendent à ce que nous traitions le monde dans lequel nous opérons de manière respectueuse. En tant qu’entreprise 100% familiale, nous avons également plus de liberté à cet égard qu’une multinationale cotée en bourse, où la culture d’entreprise est davantage au service de la réalisation de bénéfices pour les actionnaires. Attention, engendrer du bénéfice est nécessaire pour toute entreprise, mais c’est encore bien plus « cool » si vous pouvez le réaliser dans une culture du respect de l’environnement, de la société et bien sûr de votre capital le plus important : vos collaborateurs. Mais ce dernier élément fonctionne dans les deux sens. Nous n’avons pas une culture « hire & fire » : même pendant la crise économique de 2008, personne n’a été licencié à Turnhout et nous avons continué à investir, à croire en notre capital humain. Même pendant ces années Corona nous avons continué à recruter et à investir dans l’avenir en Belgique et dans le monde. D’autre part, peu de collaborateurs quittent Soudal et je suis fier de notre faible rotation du personnel. Cela en dit probablement plus sur Soudal qu’un chiffre d’affaires de plus d’un milliard ou un EBITDA de 100 millions d’euros.

Le développement durable est le nouveau mantra qui crée l’innovation et le dynamisme. Est-ce aussi le cas dans votre entreprise ?

A ma devise personnelle, je voudrais ajouter un sixième élément : celui de la durabilité. Soudal a toujours été soucieux de la durabilité, non seulement par la nature de nos produits tels que les mousses isolantes et les systèmes de construction (passifs) neutres en énergie, mais aussi par notre façon de travailler. Il y a 25 ans, nous étions déjà co-fondateurs d’une usine de recyclage de bidons de mousse PU et notre engagement envers la circularité n’a fait que se renforcer au fil des ans. Nous avons toujours été précurseurs dans le domaine du maintien des matières premières dangereuses hors de nos produits. Cela a également ouvert des portes à Soudal dans de nombreux pays. Et dans la nouvelle « usine du futur » que nous construisons actuellement à Turnhout, nous voulons réduire les déchets de production à presque zéro.
Nous ne l’avons peut-être pas toujours crié sur tous les toits. De nos jours, il faut le faire et donc nous investissons non seulement dans la durabilité, mais aussi dans notre communication, visible dans le rapport annuel, sur nos réseaux sociaux ou via une vidéo animée dans laquelle tous les efforts climatiques que nous avons déployés dans le monde entier sont regroupés.

Votre entreprise est active dans le monde entier, y compris en Chine. Comment vivez-vous cette dimension ? Quel regard portez-vous sur l’influence géopolitique de Pékin ?

Déjà dans les années 80, alors que nous avions connu une forte croissance sur notre marché domestique local, nous avions commencé à regarder au-delà de nos frontières nationales, d’abord par le biais de distributeurs, puis de plus en plus via nos propres succursales. Il y a tout simplement plus d’étrangers que de nationaux ! Une grande partie de cette population étrangère, soit près d’un cinquième de la population mondiale, vit en Chine. Nous y avions déjà donné des conférences à la fin des années 80 ! Un marché gigantesque et en plein essor économique, que nous, en tant qu’entreprise à croissance ambitieuse, ne pouvions ignorer. Mais en plus de l’ambition, il y a aussi notre bon sens et celui-ci nous dit que peu d’entreprises occidentales gagnent de l’argent en Chine. Sur nos 24 sites de production dans le monde, le site chinois est l’un des plus difficiles à développer. Cela-dit, nos ventes augmentent de plus en plus dans les 140 pays où nous sommes présents, après tout, la persévérance est dans notre ADN.

Y a-t-il des secteurs dans lesquels vous aimeriez beaucoup investir ? La culture, le sport ?

Nous le faisons déjà dans les deux secteurs. Soudal est une marque reconnue et, depuis que je suis devenu baron en 2013, le nombre de demandes de sponsoring, surtout provenant d’œuvres caritatives, a énormément augmenté. Bien sûr, on ne peut pas tout faire. Je fais beaucoup pour la culture parce que j’y porte un intérêt personnel. De plus, nous investissons dans le cyclisme, le football et le cyclocross parce que c’est là que nous trouvons notre public cible. Et en mai 2022, le golf sera mis à l’honneur avec le Soudal Open. C’est tant par intérêt personnel (je suis membre du Rinkven golf club depuis 40 ans) que par intérêt pour Soudal car nous atteindrons un nouveau groupe cible. Mais ce en quoi nous investissons peut-être le plus de nos jours, c’est la durabilité ! Cette année, en plus des milliers de panneaux solaires que nous avions déjà installés, nous construisons notre propre éolienne à Turnhout.


Nous remercions très chaleureusement le baron Johan Swinnen pour la réalisation de cet interview.

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