Pourquoi ne pas s’arrêter le temps d’une rubrique sur les jeunes nés autour de l’an 2000, que l’on désigne communément par la « génération Z » ? Ils seront les hommes et les femmes de demain…

Les jeunes ont déjà connu plusieurs crises

Les sociologues voient en eux une génération plutôt inquiète. En effet, même s’ils ne les ont perçues qu’à travers les inquiétudes de leurs parents, ils sont déjà passés par plusieurs crises : la crise bancaire de 2008 dite des « subprimes », la récession économique qui s’ensuivit, la crise politique et humanitaire des réfugiés (qui dure depuis des années), les attentats, le dérèglement climatique inquiétant et la chute de la biodiversité, la pandémie actuelle avec le confinement et les difficultés humaines, sociétales et économiques qu’elle entraîne… !

Relevons que cette dernière crise a eu des conséquences particulières pour de nombreux jeunes : cours en visioconférence, vie sociale réduite à un âge où celle-ci est particulièrement importante, entrée dans le monde du travail plus compliquée, perspective d’autonomie financière peut-être retardée, le tout pouvant causer des traumatismes psychologiques sévères.

Certains ont d’ailleurs été jusqu’à exprimer un véritable ressentiment en dénonçant l’excès de consommation chez leurs aînés et le manque de courage politique de ceux qui sont aux commandes face à la crise climatique en cours. Ainsi, Greta Thunberg n’est-elle pas allée jusqu’à leur reprocher d’avoir ruiné son avenir ?

Tirer les leçons des crises

Sur le plan personnel, ç’en est fini des rêves d’il y a quelques années (nomadisme, vivre « son vécu », mise en commun de tout,…) et de cette consommation excessive ! La génération Z y oppose en général la prudence (moins d’alcool, moins de naissances chez les adolescentes, moins de drogue, etc.) et entend mener une vie saine (diététique, activités physiques, etc.). La nouvelle génération se veut donc pragmatique, efficace et moins soucieuse des conventions. Ce sont plutôt des fourmis préoccupées du lendemain. Mais cette prudence est loin d’exclure la disposition au changement quand il semble préférable : changement d’orientation dans les études, d’emploi, de partenaire, etc.

C’est la première tranche d’âge qui a connu dès le départ l’ère digitale établie, avec un accès généralisé aux téléphones intelligents. L’information étant devenue instantanée et surabondante, les jeunes actuels sont hyperconnectés pour être en prise avec le monde réel, et leur soif de communication et de nouveaux contenus est insatiable. Le même outil leur sert d’ailleurs tant pour le travail que pour les loisirs (jeux vidéo). Cet usage intensif de la technologie informatique est pour eux une norme sociale.

Hyperconnectés face à un océan d’informations

Rapides et intuitifs devant leur écran, ils n’hésitent pas à essayer et à tâtonner jusqu’à ce qu’ils trouvent. Avec leur rapport décomplexé à l’erreur, ils ne diabolisent pas l’échec comme les générations précédentes. En outre, cette hyper-exposition à l’information les oblige à se méfier de la désinformation : les « fake news » de toute sorte font qu’ils s’habituent à mettre en cause les sources. En revanche, l’opinion de leurs groupes de référence, de leurs amis, de leur famille continue à bénéficier d’un grand crédit.

Deux remarques s’imposent ici. Premièrement, cet océan d’informations ouvre tant d’horizons qu’il peut faire croire que tous les choix sont permis. D’autant plus que la publicité et les média en ajoutent une couche. Il n’est donc pas facile pour les jeunes de garder leurs points de repère moraux. Pensons, entre autres, aux problèmes de harcèlement qui poussent les victimes à perdre confiance en elles. Il appartient alors à ceux qui entourent les jeunes de leur rappeler que, si tout est permis, tout a un prix ! Secondement, il ne faut pas perdre de vue que, d’un point de vue sanitaire, l’hyper-connexion peut mener à une vraie addiction qui coupe du réel par une passivité croissante du cerveau. Son utilisation le soir peut en outre entraîner une perturbation bien connue du sommeil, car l’organisme humain évolue moins vite que les changements technologiques actuels !

Face à l’emploi

Pour trouver un emploi, les perspectives paraissent compliquées pour la génération Z, sauf pour ceux qui s’engagent dans les secteurs technologiques (intelligence artificielle, robotique, nanotechnologie, etc.), pour ceux qui ont une disposition au travail en équipe et un esprit d’innovation, et pour ceux qui sont prêts à la formation continue. Quant à ceux qui sont au travail, ils apprécient plutôt un management éducatif : plutôt ouverts et responsables, ils aiment qu’on leur donne un objectif et qu’on leur laisse les coudées franches pour l’atteindre. Mais n’oublions pas que nombreux sont les jeunes qui préfèrent lancer leur propre affaire (start-up).

Que demandent les jeunes ?

Sur le plan politique, les jeunes tiennent à davantage de tolérance en matière d’égalité des sexes, de respect des minorités, d’accueil des immigrés, d’acceptation des religions, de mariage du même sexe. Ils comptent moins sur les institutions politiques pour résoudre les problèmes et plus sur l’initiative citoyenne. Ils croient aussi que dans bien des cas chacun devrait tout simplement commencer par balayer devant le pas de sa porte (par des achats plus judicieux, des choix mieux pensés, des suppressions de dépenses superflues, etc.).

Sur le plan international, ils demandent davantage de coopération pour faire face au changement climatique (énergies renouvelables, arrêt du gaspillage, recyclage des déchets,…), pour gérer pacifiquement l’évolution technologique (oui au commerce international, non à la guerre commerciale), et pour freiner la disparité croissante dans la distribution des richesses et dans l’accès à l’éducation.

Ils votent pour un monde plus solidaire et plus humain.

Ce qui précède ne montre sans doute que des traits généraux et ne se veut aucunement une caricature, ni positive, ni négative. Son dessein est bien de nous inciter à davantage écouter, comprendre et encourager les jeunes autour de nous. L’empathie et la solidarité entre générations peuvent en effet être bien fécondes…

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Nous remercions le Chevalier Marc de Schoutheete de Tervarent pour la rédaction de cet article.

Pour en savoir plus sur l’empathie en général voir : https://www.thomasdansembourg.com/blog/

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