La séance du Forum aux Entrepreneurs a permis à Olivier de Wasseige de mettre en évidence l’importance du succès de l’entrepreneuriat des jeunes, reconnu à la fois par les pouvoirs publics et par le monde de l’enseignement.

Les témoignages ont montré l’enthousiasme d’étudiants-entrepreneurs, l’un terminant ses études et décidé à devenir entrepreneur et de facto à ne pas devenir employé, l’autre ayant déjà créé plusieurs entreprises. On a aussi pu entendre la mère d’un étudiant-entrepreneur expliquer les opportunités et les risques de ce parcours, et le rôle capital des parents dans la guidance de leur enfant.

Phénomène en croissance forte depuis quelques années, le statut d’étudiant-entrepreneur est une chance extraordinaire d’apprendre à entreprendre pendant les études, en appliquant les éventuelles théories apprises sur les bancs de l’université, la haute école, voire l’enseignement secondaire, en (co-)créant sa propre entreprise.

Je me plais toujours à rappeler cette citation de Doriot, le fondateur de l’Insead : « sans entrepreneurs, le monde ne serait toujours qu’une idée ». Et on a tant besoin de (jeunes) entrepreneurs !

Il s’agit bien d’une formation en alternance en entrepreneuriat, et personne ne nie plus de nos jours l’intérêt du parcours en alternance, pourvu qu’il soit le résultat d’une orientation positive vers une filière d’excellence (ce qui est le cas ici !), plutôt qu’un renvoi vers une filière de relégation, ce qui est hélas encore trop fréquent.

Mais ce phénomène croissant est aussi une des facettes d’une évolution sociétale majeure : l’indépendance  ! Ne plus « dépendre » que de soi-même plutôt que d’un seul employeur, ne plus rentrer dans une entreprise pour y faire carrière, « acheter » son autonomie, « refuser » la hiérarchie.
Les entreprises cherchent de plus en plus à apporter des réponses à cette évolution poussée par les générations Y et Z : modèle de management collaboratif, voire participatif, aplatissement de la hiérarchie, organisation du travail dynamique et évolutive orientée projets, flexibilité du temps de travail, télétravail, etc.

Ayant eu la chance, dans ma précédente vie professionnelle, de coacher régulièrement des étudiants-entrepreneurs, j’ai pu participer à la sélection de nombreux candidats lors de jurys d’entrée dans les incubateurs dédiés à ce statut. Le potentiel de croissance, voire de survie, de la future startup n’était pas un critère obligatoire. Par contre la motivation du jeune, même si la volonté était de « simplement » créer son propre emploi, afin de travailler pour plusieurs clients/entreprises, était largement suffisante à nous convaincre de lui donner le goût d’entreprendre.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : si les entreprises adoptent régulièrement un modèle de gestion de ressources humaines étendu, en faisant appel à des indépendants, la raison n’est pas seulement le besoin de flexibilité des capacités productives, ou la volonté de challenger ses propres équipes, de s’ouvrir à des collaborations avec des personnes non « formatées » à l’entreprise, mais c’est aussi pour répondre à cette évolution des relations de travail que les jeunes générations sont en train de susciter. Il est aussi évident que les technologies internet facilitent grandement cette relation de travail, où une bonne partie peut se faire à distance.

Et alors qu’on aurait pu croire que la crise covid-19 allait freiner l’augmentation du nombre d’indépendants, c’est tout le contraire qui se produit. Par crainte du statut d’employé, et des conséquences négatives en cas de crise (risque de chômage ou licenciement à un moment de vie où on ne peut plus se reconstruire), des jeunes (ou moins jeunes) de plus en plus nombreux privilégient le statut indépendant.

Divers témoignages m’ont permis de valider cela récemment, de la part d’un institut de formation en alternance wallon, où de nombreux étudiants dans des filières techniques ou artisanales souhaitent apprendre à gérer le statut d’indépendant, mais aussi de la part de couveuses d’entreprises, qui accueillent des porteurs de projet (personnes en reconversion, demandeurs d’emploi, …) en amont de la phase de création effective de l’entreprise.

Ce changement de mentalité créera de plus en plus de modèles hybrides (par exemple employé 4 jours par semaine, et indépendant 1 à 2 jours par semaine, ou le contraire).

Cette évolution, que je pense inéluctable mais positive et pleine de promesses, obligera les mondes politique, patronal et syndical à discuter des impacts sur les relations de travail, et à revoir les règles, règlements et lois sur l’agilité des statuts. Celle-ci donnera d’ailleurs encore plus de sens à l’apprentissage tout au long de la vie, voulu par toutes les parties prenantes, car indispensable pour garder optimales les compétences individuelles, dans un monde où la technologie évolue tellement vite.

Le tout dans un modèle gagnant-gagnant pour celui qui travaille, celui qui donne du travail, et in fine pour la Société entière.

Vous pouvez visionner la vidéo du Forum aux Entrepreneurs sur le thème de l’Etudiant - Entrepreneur ci-dessous :


Nous remercions chaleureusement Olivier de Wasseige pour la rédaction de cet article.

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