Les mesures sanitaires imposées ont profondément bouleversé la vie et le comportement de nombreux jeunes. Pour mieux comprendre l’impact du confinement sur les adolescents, pour les aider - et nous aider - à réagir, nous avons été à la rencontre de Vanessa Greindl, psychothérapeute, psychanalyste.

Voici son témoignage de praticienne.

Sortir du huis clos

Une vie normale est faite de contraintes, de risques, d’actions et de contacts : aller à l’école, rencontrer ses amis, faire des efforts pour être à l’heure, faire du sport ...

Durant le confinement, beaucoup d’adolescents se sont retrouvés avec leurs parents dans un espace clos, comme dans un cocon, comme lorsqu’ils étaient dans le ventre maternel. Dans une position passive, ils ont dû fournir bien moins d’efforts que « dans la vie normale ». Tout leur était fourni, apporté ou « à portée de main » dans un espace capitonné, protégé de l’extérieur, un huis clos parfois étouffant ...

Un retour à une vie sociale, à l’extérieur, est donc essentiel pour retrouver d’une part les contraintes de la vie à l’extérieure, mais aussi pour pouvoir respirer et remplir ses poumons d’un autre air que celui respiré par les membres d’une même famille.

C’est d’autant plus important que l’adolescence est l’âge où l’on se sépare de ses parents pour grandir, s’émanciper, se construire aux contacts ou en présence de ses amis, de ses pairs.

Un frein à la vitalité des adolescents

Ce qui détermine un adolescent, ce qui le construit, c’est sortir de sa famille pour construire un cercle social, une famille à l’extérieur. C’est un mouvement naturel chez l’adolescent, mais ce mouvement vers l’extérieur, vers un environnement moins familier, lui demande de la vitalité, de la force, de l’envie.

Les mesures sanitaires qui contrecarrent cet élan naturel vers l’extérieur ont par conséquent un effet négatif sur la vitalité des adolescents.

Une prison dorée en compagnie d’un écran

Pendant le confinement, les jeunes ont passé beaucoup de temps sur les écrans, parfois durant des nuits entières. Ils auront vécu dans une prison dorée, en dehors de la vie, du vivant.

Ils auront vécu en compagnie d’un écran qui leur renvoie une réalité tronquée et donne un sentiment de toute puissance en leur suggérant « qu’on peut faire n’importe quoi ». En outre, une dépendance excessive à l’écran sape la vitalité de l’adolescent et le lien qu’il entretient avec son corps.

Il va falloir les aider à briser cette dépendance à l’écran et à retrouver un cycle de vie jour-nuit normalisé.

Pour eux, le déconfinement va s’apparenter à une naissance : ils vont devoir ressortir, être à nouveau confrontés au réel et ses composantes très corporelles, comme la lumière, le froid, le chaud, ...

Tel un nouveau-né à qui les parents apprennent à appréhender la nuit, l’adolescent va devoir être accompagné pour renouer avec l’autonomie, la solitude de la nuit, jusque-là empêchée par les écrans. Le nouveau-né, au départ, a besoin de son parent, d’un doudou, d’une chanson... pour s’apaiser et s’endormir. Petit à petit, il parvient à se créer des images, il imagine sa mère par exemple, et à se réassurer par lui-même.
L’adolescent va avoir besoin d’aide pour se passer de l’écran qui a véritablement agi comme un doudou dont il ne va pas parvenir à se séparer seul.

Cette séparation ne va pas se faire sans heurts, sans mal, mais c’est un mal nécessaire pour que l’adolescent puisse à nouveau trouver par lui-même comment faire face à la solitude de la nuit et retrouver le sommeil dans un cycle jour-nuit normalisé.

Une perte de motivation, phénomène inquiétant

Beaucoup de jeunes subissent une perte de motivation par rapport à leur scolarité.

Selon les établissements scolaires, les jeunes peuvent être confrontés à des exigences plus faibles ou plus fortes émanant d’un corps professoral obligé de réinventer et d’adapter continuellement sa façon de transmettre, d’enseigner.

Ces exigences peuvent entraîner une perte de motivation, un moindre investissement et provoquer une diminution de l’image de soi.

Les messages institutionnels erratiques, les catastrophes socio-économiques annoncées, l’absence de perspectives favorisent aussi cette perte de motivation.

Pour construire son identité, l’adolescent a besoin d’avoir un horizon. Si l’horizon fait défaut ou est incertain, la motivation en souffre.

Nonobstant le phénomène de rejet dont ils font l’objet de la part de leurs ados, il est primordial pour les parents de tenir un discours « positif », de relativiser les difficultés de la crise actuelle, par exemple en faisant référence à d’autres périodes de l’histoire, de mettre l’accent sur les qualités de leurs adolescents, de les encourager à rêver, et aussi à agir, construire, cuisiner, jardiner, marcher ou toute activité qui implique le corps… Et qui par là même ancre l’humain dans la réalité plutôt que de le faire s’envoler. Rappelons que les grands-parents ont aussi un beau rôle à jouer ... !

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