Quelle chance que cette belle rencontre avec une jeune femme, commissaire du KIKK festival, qui s’est affranchie des stéréotypes de notre société !

Son parcours ?

Marie du Chastel de la Howarderie rêvait d’études de Computer Science mais, suivant en cela l’avis de son entourage qui trouvait cet environnement trop masculin, elle s’est lancée dans un master en publicité à l’IHECS. Ce qu’elle en retire… jamais elle ne travaillera dans la pub !

Elle aime le code, le web et la new tech. Elle part alors faire un master à Londres en média interactif où elle pourra allier et perfectionner ses passions. Son diplôme en poche en 2008, la crise l’oblige à rentrer au pays pour trouver un job. Elle s’engage dans une start-up offrant des solutions interactives pour le secteur de l’événementiel. Mais sa fibre créative y est sous-exploitée, Marie saisit alors une nouvelle opportunité lorsqu’en 2012, elle rencontre les fondateurs du WIF - Webdesign International Festival de Namur, ancêtre du KIKK Festival.

Son activité professionnelle : porteuse de sens ?

Marie, passionnée par son métier, m’explique que l’ASBL KIKK a quatre grands projets qui ont essentiellement pour vocation de décloisonner les différentes disciplines que sont l’art, la science, la technologie et la société.
L’objectif : questionner les nouvelles formes de culture de pensées et l’impact que peut avoir la technologie sur notre société.

Quels sont ces quatre projets ?
1. Le KIKK Festival qui réunit 30.000 personnes de 50 nationalités différentes autour de thèmes liés à la culture du numérique. Il a malheureusement dû être annulé en 2020 à 2 semaines du début.
2. Le TRAKK qui est le hub créatif et Fab Lab où se combinent un espace de co-working et la mise à disposition d’outils de pointe pour faire du prototypage rapide (imprimante 3D, etc.).
3. La Plateforme artistique et de production qui finance, diffuse et supporte les artistes qui intègrent art & sciences
4. Et le dernier né, le Pavillon qui sera un centre d’exposition questionnant, analysant et promouvant les nouvelles possibilités, liées à la transformation numérique de notre société.

Marie est curatrice (ou selon l’acception francophone, commissaire) du festival. Elle met en avant les artistes, les scientifiques et les entreprises. Forte de son expérience personnelle, elle met un point d’honneur à offrir de la place aux femmes afin d’assurer la présence de modèles féminins et ainsi donner tort aux stéréotypes qui ont la vie dure dans notre société.

Dans le même ordre d’idées, elle s’engage pour un cinquième projet : AfriKIKK qui met en valeur les initiatives issues de l’Afrique, le Maghreb et sa diaspora afin là aussi de déconstruire les idées préconçues d’une Sillicon Valley aux mains des seuls hommes blancs. Elle permet ainsi d’ouvrir l’imaginaire pour permettre de s’approprier le récit à la sauce africaine.

Son appartenance à la noblesse : un atout, une charge, un non-sujet ?

Elle la voit comme une charge car elle tend à véhiculer des préjugés réducteurs et à formater certains moules. Marie a mis un point d’honneur à arriver là où elle en est toute seule sans utiliser le réseau de connaissances. Même si elle reconnaît que la noblesse peut être un atout pour l’éducation et les connaissances, elle n’a pas voulu l’utiliser pour le boulot, en tout cas, pas avant de s’être prouvée à elle-même qu’elle pouvait y arriver.

Un message pour nos membres, surtout les plus jeunes ?

Vous l’aurez compris, Marie les invite à ne pas écouter les stéréotypes et à suivre leur instinct pour leurs choix d’études et les sujets qui les intéressent. Elle questionne le système scolaire qui ne fait pas de liens entre les matières et entre les matières et la société au sens large. « Il est difficile de choisir si on a qu’une vision cloisonnée ».

Elle connaît trop de gens qui regrettent d’être emprisonnés dans des carrières où ils se sentent en désaccord avec eux-mêmes comme elle connaît des scientifiques qui sont devenus artistes ou des architectes qui font des projets art-science. Bref, elle insiste « suivez vos passions d’autant que les métiers de demain n’existent pas encore ! »

Une invitation
L’exposition « Humans/Machines » qui s’ouvrira dans le Pavillon entre le 13 mars et le 13 juin à la Citadelle de Namur sera l’occasion, nous suggère-t-elle, de décloisonner, de questionner, bref de se laisser inspirer et d’apprivoiser cette (r)évolution numérique. Pourquoi ne pas organiser des visites avec l’ANRB ? à bon entendeur …

Discours de Marie du Chastel lorsqu’elle a reçu le Prix de la femme francophone 2020


Interview réalisée par Catherine de Dorlodot

Article(s) lié(s)

Le Brexit par Willem van de Voorde !

L’accouchement au forceps du nouvel accord commercial avec le Royaume-Uni, une épopée historique pour l’Union...

L’impact sociétal du statut étudiant-entrepreneur

La séance du Forum aux Entrepreneurs a permis à Olivier de Wasseige de mettre en évidence l’importance du succès de...

Arnaud de Meester, l’homme au mental d’acier !

Rencontre avec un homme plus fort qu’Ironman !

On nous écrit ...

Les gens heureux connaissent leur histoire (Etienne de Callataÿ). Métiers de contact (Patricia de Prelle). En vers...

Petites annonces

Descriptif section

Espaces à louer

Salons à louer pour vos événements

Activités 

Agenda des activités organisées par L’ANRB

Nos Partenaires