Des « Enfants du Mekong » au vignes du Domaine de Mellemont, Matthieu Dumont de Chassart partage son parcours personnel et son projet entrepreneurial.

En pleine crise du Covid, Matthieu Dumont de Chassart décide de quitter le monde de la grande entreprise pour reprendre, avec 3 amis, le Domaine de Mellemont.

« Après plusieurs années d’expérience professionnelle dans le monde du commerce, je me suis rendu compte que je ne travaillais pas dans une entreprise qui me permettait de me révéler. Mes valeurs humaines m’ont fait prendre conscience que j’étais en quête d’autre chose. »

Une expérience en tant que Program & Project Manager chez les ‘Enfants du Mekong’ nous a aidé à grandir.

Matthieu a étudié à la LSM , et s’est ensuite lancé dans un master d’un an à la University of Kent. Il commence alors un parcours professionnel plutôt classique en tant que commercial dans une société américaine active dans l’industrie aéronautique.
Après quelques années d’expérience, Matthieu et son épouse Blandine ont décidé de démissionner de leur emploi respectif pour « faire de l’humanitaire ».

« J’étais fier d’annoncer que j’avais quitté mon boulot et ma situation pour partir m’occuper des autres. Je dois bien l’avouer, avant mon départ, je faisais un peu le malin auprès de nos amis leur expliquant que j’allais apprendre à ces enfants cambodgiens comment s’en sortir et avancer dans la vie » m’explique Matthieu.

« Après quelques jours sur place, nous nous sommes vite rendus compte que ce sont ces enfants qui allaient nous montrer le chemin... Nous avons tant appris là-bas, nous en sommes sortis grandis et avons vécu une expérience mémorable qui vaut tous les diplômes du monde. La résilience par rapport aux vrais problèmes, la confiance et l’amour reçu… ».

Les voilà partis pour deux années fabuleuses, entrecoupées de retour en Belgique pour des raisons familiales éprouvantes. Pendant son séjour chez les « Enfants du Mekong », Matthieu a perdu ses deux parents. « Leur départ m’a encore plus convaincu que je devais me faire confiance et faire place au sens dans ma vie professionnelle ».
Un retour difficile.

Revenir en Belgique n’a pas été facile après une telle expérience. « Je voulais faire refleurir ce que j’avais vécu là-bas. … Au Cambodge, l’argent n’était pas une préoccupation, ici cela reste une réalité ».

Pourquoi s’être tourné vers la viticulture ?

J’aime la nature, elle nous donne tout. Je voulais un projet dans lequel je crois. La viticulture m’attirait pour plusieurs raisons. Produire du vin, c’est créer un produit de A à Z sans intervenants, de la terre au verre. Beaucoup de choix s’offrent aux viticulteurs : le choix des cépages, le mode de culture, la vinification….
Mais je n’avais aucune compétence.

Vous avez repris le Domaine de Mellemont avec 3 amis, en mars 2020 ?

Entouré de Pierre-Alexis Péters, Antoine de Thibault et Marc-Edouard Humblet, nous nous sommes lancés dans l’aventure.
Le Domaine de Mellemont est un petit domaine (4 hectares), qui produit bon an mal an +/- 20.000 bouteilles. Nous avons l’ambition de le faire grandir.
Les vins et bulles belges sont aujourd’hui tendance. Mais la culture de la vigne chez nous n’est pas une nouveauté.

Surfez-vous sur la tendance du BIO ?

Le Domaine de Mellemont n’est pas encore bio. Nous avons pris la décision de rester en conventionnel pendant encore au moins une année et de passer progressivement en bio. Mais il y a beaucoup à apprendre pour y arriver.
Et l’été que nous venons d’avoir n’aide pas. « Nous estimons que - suite aux aléas du climat - nous aurons 30 % de perte par rapport aux années précédentes, comme beaucoup de viticulteurs belges. »

En quittant Matthieu, je me suis inquiétée de savoir où je pourrais trouver son vin.

« Nous vendons principalement à des cavistes et des restaurants mais nous serions très heureux de faire découvrir nos vignobles à vos lecteurs lors d’un Afterwork ou d’une dégustation. »

Quels messages aimerais-tu faire passer aux jeunes en quête d’un projet entrepreunarial comme le tien ?

« Si le démarrage ou le développement d’un domaine viticole prospère peut en faire rêver plus d’un, cette activité requiert une connaissance et des compétences entrepreneuriales ainsi que de solides capitaux et une ténacité à toute épreuve. »

Et Matthieu conclut en parlant de son mentor : "Beaucoup de papa sont les mentors de leurs enfants, le mien, de par les épreuves qu’il a traversé, m’a appris à relativiser et à mettre mes priorités sur les vrais valeurs de la vie. »

Pour en savoir plus sur le Domaine de Mellemont et le parcours de Matthieu :

https://domainedemellemont.be/
https://www.enfantsdumekong.com/qui-sommes-nous/notre-vision-et-notre-deontologie/


Interview réalisée par Sophie de Troostembergh

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