Trop souvent, on parle de migration sans faire de distinction entre migration régulière et migration irrégulière. Une migration régulière profite à toutes les parties concernées. Le Pacte de Marrakech (13 décembre 2018) pour une « migration sûre, ordonnée et régulière » souligne à juste titre que cette migration est enrichissante tant pour les pays d’accueil que pour les migrants eux-mêmes. On ne peut pas en dire autant de la migration qui ne se déroule pas d’une façon sûre, ordonnée et régulière.

Ce n’est que récemment (13 mai 2022) qu’un article dans De Standaard (« Qui défend les invisibles ? ») est devenu un plaidoyer pour les « soi-disant illégaux » et contre la « politique de retour impitoyable et donc antichrétienne » du Secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration. On a alors prétendu que « les enfants de tous ces étranges individus garderaient les pensions abordables ». Aucune explication n’a été donnée quant à la raison pour laquelle les « soi-disant illégaux » seraient mieux en mesure de se porter garants que les migrants ordinaires. S’il y a des besoins sociaux en matière de migration, il serait préférable pour tous que cela se passe d’une façon légale.

Dans le rapport final (15 septembre 2020) du comité que j’ai présidé pour évaluer la politique d’écartement, j’ai souligné que « les séjours irréguliers sur le territoire sont préjudiciables, tant pour les personnes concernées que pour la société. Il est difficile pour ceux qui séjournent irrégulièrement sur le territoire de subvenir légalement à leurs besoins fondamentaux. Ils sont exposés à de nombreuses formes d’exploitation. Tolérer le séjour irrégulier encourage les étrangers à courir des risques mortels, tant pour eux-mêmes que pour leurs enfants, afin d’atteindre notre pays » (p.15).

Après avoir noté qu’il n’est en aucun cas de notre devoir moral de nous soumettre au modèle économique lucratif des trafiquants criminels, je conclus dans mon livre « Entre démagogie et hypocrisie » (Ertsberg, 2022) que la migration illégale doit être découragée de façon ferme. Si quelque chose qui doit changer dans la politique migratoire de l’UE, c’est de répandre l’information que la migration illégale ne paie pas (p. 437) : « C’est un malentendu de penser que tolérer la résidence irrégulière fait preuve d’humanité. Une attitude qui perpétue les abus et favorise même leur expansion, est tout sauf humaine » (p. 360).


Nous remercions le baron Bossuyt, ancien commissaire aux réfugiés, pour la rédaction de cet article.

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